L’énergie solaire est désormais la source d’énergie la moins onéreuse. Les données récentes montrent que le prix des équipements d’énergie solaire a considérablement baissé. La preuve en est qu’entre 2010 et 2021, le coût moyen pondéré de l’électricité provenant des infrastructures solaires photovoltaïques (PV) à grande échelle a diminué de 88 pour cent. Cette réduction étonnante est due, entre autres, au progrès technologique et au développement de la production. Mais elle est aussi le résultat des politiques publiques, ainsi que des incitations offertes et des modèles de financement innovants mis en place.
Les niveaux d’ensoleillement très élevés en Afrique de l’Ouest offrent à la région une occasion unique d’exploiter l’énergie solaire. Cependant, elle n’a pas encore pu tirer parti de la baisse des coûts des technologies photovoltaïques ni attirer des investissements pour les déployer à grande échelle.
Il semble d’ailleurs que ce problème soit commun à l’ensemble du continent. En 2021, seulement 0,6 pour cent des 434 milliards de dollars US investis dans la production d’énergies renouvelables dans le monde est allée aux pays africains, le plus faible niveau d’investissement depuis 2011.

Photo:PNUD Nigeria/Rejoice Emmanuel

Photo: PNUD Zimbabwe
Pourquoi l’énergie solaire a-t-elle tant de mal à se faire une place en Afrique de l’Ouest en dépit de sa compétitivité croissante ? Que faut-il faire pour tirer parti de ce potentiel et aider les pays d’Afrique de l’Ouest à poursuivre un développement faible en carbone tout en offrant un accès à l’énergie aux populations qui en ont encore besoin ? Quatre constats importants apportent des éléments de réponse :
Les politiques favorables ne sont pas mises en œuvre assez rapidement ou pas assez efficacement. Malgré les efforts déployés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à travers sa politique régionale sur les énergies renouvelables – qui a permis la définition et l’adoption de Plans d’action nationaux pour les énergies renouvelables (PANER) – l’absence de suivi au cours de la phase de mise en œuvre a entraîné un retard important dans la promotion de l’énergie solaire.
La situation est aggravée par l’inadaptation des cadres normatifs en vigueur. Ils sont souvent en décalage avec les politiques énergétiques actuelles et, même s’ils sont en phase avec celles-ci, leur application laisse à désirer.
Les entreprises nationales du secteur de l’énergie manquent de capacités techniques et financières, ainsi que d’incitations. Les compagnies nationales d’électricité des pays d’Afrique de l’Ouest semblent peu enclines à étendre leur réseau et préfèrent plutôt s’appuyer sur les sources d’énergie conventionnelles qu’elles considèrent comme le choix le plus pratique et le plus évident. Il n’existe pas non plus d’incitations claires de la part des États pour passer à de nouvelles sources d’énergie. En outre, le manque de compréhension quant à la manière dont l’énergie solaire peut être stockée ou intégrée au réseau suscite des inquiétudes infondées, liées au caractère intermittent de l’accès à ce type d’énergie.
La situation financière des entreprises ne fait que compliquer cet état de choses. En effet, de nombreuses entreprises énergétiques nationales subissent des pertes commerciales en raison des connexions illégales au réseau électrique, des factures impayées des consommateurs et de l’état déplorable des infrastructures. Elles sont donc limitées dans leur capacité à investir, à recevoir des investissements de producteurs indépendants d’électricité (IPP en anglais), ou à connecter l’énergie solaire au réseau.
La demande des consommateurs en énergie solaire est affectée par le manque de main-d’œuvre qualifiée et par la faible qualité des équipements. Étant donné que l’un des meilleurs moyens de promouvoir et d’élargir l’adhésion aux nouvelles technologies est le bouche-à-oreille, la mauvaise qualité des matériaux peut être cause de déception chez les consommateurs et de préjudices importants. L’absence de normes nationales d’assurance de la qualité en matière technologique, conjuguée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée au niveau local pour assurer l’installation et l’entretien des infrastructures solaires, peut entamer la confiance des consommateurs dans cette technologie et les dissuader de l’adopter.
Par ailleurs, le manque d’information concernant les avantages économiques et environnementaux de l’énergie solaire conduit de nombreuses personnes, en particulier celles vivant dans les zones rurales, à privilégier les sources d’énergie conventionnelles, les privant ainsi des multiples avantages que l’énergie solaire et les innovations des mini-réseaux peuvent offrir aux zones reculées.



